La publication du baromètre Hellio le 5 novembre 2025 met en évidence les défis auxquels font face les copropriétés françaises en matière de rénovation énergétique. Basée sur les réponses de 682 copropriétaires interrogés durant l’été, l’étude confirme une tendance : malgré une meilleure compréhension des enjeux et des obligations, le passage à l’acte demeure laborieux. L’instabilité des mécanismes de soutien financier, associée à la hausse continue des dépenses énergétiques et à la complexité des démarches, constitue un triple frein qui pèse sur les décisions collectives. Dans ce contexte, les outils de diagnostic comme le DPE collectif, le diagnostic technique global (DTG) et le projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT) apparaissent plus que jamais comme des leviers indispensables pour programmer et prioriser des interventions pertinentes.
L’un des enseignements les plus marquants de ce baromètre concerne le poids persistant de l’énergie dans les charges de copropriété. Selon l’enquête, 40,6 % des répondants estiment que l’énergie représente entre 20 et 40 % de leurs charges courantes. Si ce pourcentage a légèrement diminué par rapport aux années précédentes, il demeure significatif et justifie la nécessité d’investir dans des solutions permettant de réduire durablement la consommation. Les principales motivations pour engager des travaux reflètent cette préoccupation : la valorisation du bien immobilier arrive en tête (29,6 %), suivie de près par la réduction des factures énergétiques (25,8 %) et l’amélioration du confort thermique (23,2 %). Ces priorités témoignent d’une vision pragmatique. Les copropriétaires cherchent à concilier rentabilité et amélioration de leur cadre de vie. Pour répondre à ces attentes, des expertises comme le DPE collectif, le DTG et le PPPT constituent un point de départ essentiel pour améliorer la performance énergétique des copropriétés. Ils offrent une vision complète de l’état du bâtiment et identifient les postes de déperdition énergétique prioritaires.
Le baromètre soulève un décalage important entre deux points essentiels : d’un côté, une meilleure information des copropriétaires et une meilleure conscience des enjeux, de l’autre, une érosion de la capacité et de la volonté à investir. Près de la moitié des sondés (48,6 %) considèrent que l’instabilité des dispositifs d’aide constitue le principal obstacle tandis qu’un quart dénonce la lourdeur administrative. Ces freins expliquent en partie pourquoi les projets de rénovation globale, pourtant plus performants sur le plan énergétique, ne représentent que 7,7 % des intentions. À l’inverse, les travaux ciblés comme l’isolation des murs ou de la toiture sont plébiscités, car perçus comme plus accessibles et mieux financés. Toutefois, l’exclusion de certains mono-gestes des dispositifs comme MaPrimeRénov’ inquiète la profession. Face à ces incertitudes, les diagnostiqueurs immobiliers ont un rôle déterminant à jouer : accompagner les copropriétés dans la compréhension de leurs obligations et dans l’élaboration d’une stratégie cohérente. Le DTG et le PPPT, en permettant d’anticiper les travaux sur plusieurs années, offrent une feuille de route claire qui facilite la prise de décision et optimise les investissements.